Proxmox, la virtualisation facile

Proxmox est une distribution Linux qui gagne à être reconnue. Créée en 2008 par la société Proxmox Server Solutions GmbH, la dernière version 2.2 est sortie le 24 octobre 2012. Cette distribution orientée serveur est basée sur Debian Squeeze avec un noyau personnalisé pour inclure le support OpenVZ (noyau repris de RedHat).

Elle peut être installée en mode « standalone » sur un serveur unique ou en mode cluster sur plusieurs nœuds. Cette dernière solution offrant des possibilités intéressantes telle que la migration de machines virtuelles à froid ou à chaud (!). La distribution Proxmox intègre deux technologies de virtualisation que sont KVM et OpenVz, les deux solutions sont parfaitement intégrées aux interfaces web et ligne de commande.

Pour rappel, la solution KVM est une solution de virtualisation complète, (hardware compris), permettant de virtualiser d’autres OS, tels que Solaris, ou Windows par exemple. Tandis qu’OpenVZ ne permet de virtualiser que des systèmes Linux, c’est une solution de gestion de conteneurs (comme les jails de BSD, zones de Solaris, et LXC de Linux). Cette technologie souvent utilisée lorsque l’on parle de Serveur Privé Virtuel (VPS), a l’avantage d’être plus rapide et moins gourmande en ressources systèmes.

Il n’y a qu’une seule version libre et gratuite de la distribution, la société Proxmox Server Solutions proposant du support payant à ceux qui en auraient besoin.

Les fonctionnalités sont impressionnantes :

  • une interface en ligne de commande et web (disponible en francais) permettant de gérer les machines virtuelles tant au format kvm que des conteneurs openvz
  • une belle intégration de la couche cluster de linux, permettant de reproduire les fonctionnalités comme HA (High Availability à la vmware), et la migration à chaud
  • la prise en charge simplifiée des sauvegardes et des restaurations
  • les snapshots de machine virtuelle (disque & ram)
  • l’intégration de l’authentification avec un annuaire ldap
  • le support de stockages partagés (nfs, iscsi, SAN, drbd)
  • le support du bonding en natif
  • la gestion de l’ordre de démarrage des VM
  • activation de KSM, (déduplication des pages mémoires KVM, démon ksmd)
  • Gestion du déport de console graphique en vnc/applet java sur https intégré de base dans l’interface web

Ce qui m’a plu

On peut passer aisément de l’interface web aux commandes cli spécifiques proxmox (pve*), tout en modifiant les fichiers de configuration standards (/etc/network/interface, cluster.conf, …) qui sont rechargés et réanalysés automatiquement. (ce qui est assez rare pour être signalé !)

Il est clair que Proxmox s’est fortement inspiré de l’interface web de l’acteur principal du marché, pour les néophytes l’adaptation est rapide.

La possibilité d’installer Proxmox depuis un iso amorçable ou de migrer depuis une Debian déjà installée (procédure).

Les risques à terme

La virtualisation par conteneur openvz, est-elle pérenne ?

  • Proxmox évoluera-t-elle vers LXC ? Sous quelle forme se passera la migration ?
  • OpenVz fonctionne bien sur ext3 et ext4, les autres systèmes de fichiers ne sont pas conseillés pour l’instant.
  • Il n’y a pas de noyau ultérieur au 2.6.32 supportant openvz.
  • Le mélange de la distribution Debian et d’un noyau RedHat peut sembler « original ».

Merci aux contributeurs et relecteurs de la dépêche : Sébastien Stoetzer, Marc Quinton, NeoX